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Source: France
5 Program
Le procès de l'agent orange, défoliant toxique utilisé
durant la guerre du Vietnam, va-t-il avoir lieu ? En suivant le
travail des avocats du cabinet américain Moore & Goodman,
ce documentaire révèle la complexité juridique d'un dossier aux
multiples enjeux.
Agent orange, une guerre
sans fin
Jean-Marie Legaud
De 1961 à 1971, l'état-major américain impose, pour combattre
l’ennemi, une déforestation systématique et planifiée de la jungle
vietnamienne par des arrosages chimiques, en particulier en utilisant
le très toxique agent orange.
Selon un article de 2003 du magazine Nature, 10 % du territoire
vietnamien, dont 50 % des mangroves, et 20 000 villages, soit
2 à 5 millions de personnes, sont touchés.
Trente cinq ans plus tard, des problèmes majeurs d'environnement
et de santé persistent. En raison de taux élevés de dioxine dans
l'organisme, la population vietnamienne souffre de cécité, diabète,
cancers de la prostate et du poumon, malformations congénitales…
En octobre 2004, conseillée par un cabinet américain, la Vava
(l'association vietnamienne des victimes) tente une action devant
la cour de justice de New York. William Goodman et Jonathan Moore
travaillent dès lors d'arrache-pied pour constituer un solide
dossier à charge.
L'Etat américain étant légalement inattaquable, les deux avocats
se retournent contre les fabricants de l'agent orange, dont Diamond,
Dow Chemical et Monsanto. Déjà mises en cause vingt ans plus tôt
par les vétérans américains au contact de la substance toxique,
ces entreprises chimiques ont accepté de verser de substantielles
indemnités aux victimes pour mettre fin à la procédure !
Entre New York, Hanoi et Paris, William Goodman et Jonathan Moore
consultent experts en toxicologie, juristes spécialisés en droit
international et humanitaire afin d'étayer les accusations de
crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
La première séance de ce procès a eu lieu le 1er mars 2005 à
New York. Le 10 mars, la cour a rejeté la plainte jugeant que
l'agent orange n'était pas un poison au regard du droit international.
La Vava a depuis décidé de faire appel et l'affaire est toujours
en cours.
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